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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 09:07

 

Âme charnelle, cette basse chantante en chacun
Lorsque le toucher de l’autre le fait
vibrer, résonner

Lentement alors s’élève
éveillé puis émerveillé
éveillant puis ensorcelant
L’air de la haute enfance
jadis éclatant puis oublié
longtemps enfoui puis souvenu
Psalmodiant le présent et sa plénitude
Où le lys éclos rejoint enfin l’étoile…

L’Être n’est-il pas cette musique
Qui depuis l’origine
cherche à se faire entendre
Qui attend
chaque instant de chaque jour
et chaque jour de toute vie
Que la main sache enfin toucher la lyre?

François Cheng, Le long d’un amour

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 08:11

Mieux que les rois

Le soleil

Maintenant règne

En maître 

Absolu sur ces lieux

 

Les jardins s'ouvrent

Aux lumières

Dont ils reçurent

 

L'esprit

La forme et la matière

De l'âme

 

S'imprègnent ivres

Et sourient

Dans la sève du bois...

 

 

Werner Lambersy

Extrait du poème "Les Jardins de Versailles"

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 15:59

Le ciel a beau être plus clair, les étoiles plus lumineuses, les bruits adoucis, les nuits des insomniaques sont parfois insupportables, j'en sais quelque chose.

Grâce à Chantal Dupuy-Dunier, je ne verrai mes nuits sombres du même oeil. Telerama nous livre encore un très beau texte, vous savez, dans le petit encart bleu "Rimes riches", que je guette fébrilement chaque semaine. 

Voilà pour Vous


Les yeux des insomniaques

n'ont pas de paupières.

Ils portent des pétales,

transparents.

Leur regard continue

à autopsier les fleurs

jusque dans le milieu de la nuit.

 

Extrait du recueil "Mille grues de papier"

Editions Flamarion

Et pour ceux que ces vers ont émus, transportés, voici quelques liens

http://terreaciel.free.fr/poetes/dupuydunier.htm

http://www.recoursaupoeme.fr/po%C3%A8tes/chantal-dupuy-dunier

 

Très bonne soirée à Tous et à bientôt pour de nouveaux partages.

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 19:36

Voilà un peu plus de deux mois que je n'ai rien publié...Pas le temps, plus envie...

Ce soir, en parcourant Telerama, je me suis trouvée nez à nez avec ce petit encart bleu... vous savez..."Rimes riches", il s'appelle...Et me voilà émerveillée de ces quelques vers d'un poète que je ne connais pas, j'en connais si peu, des poètes.

La simplicité et la vérité qui émanaient de ces lignes m'ont émerveillée. Certains diront qu'ils ne me faut pas grand chose, je les ai trouvés belles, tout simplement et je voulais les partager avec vous.

Le poète s'appelle Edmond Jabès, il est mort en 1991, à l'âge de 79 ans, si mes calculs sont bons. Je n'ai lu aucun de ses livres, mais je pense que je vais le faire. Il me semble si bien comprendre le monde.

Ecoutez...

Que les bois aient des arbres,

Quoi de plus naturel?

que les arbres aient des feuilles,

Quoi de plus évident?

Mais que les feuilles aient des ailes,

Voilà qui, pour le moins, est surprenant.

Volez, volez, beaux arbres verts.

Le ciel est ouvert.

Mais prenez garde à l'automne, fatale

Saison, quand vos milliers et milliers d'ailes,

rRdevenues feuilles,

Tomberont.


L'arbre volant, extrait de Petites Poésies pour jours de pluie et de soleil.

Pour ceux qui ne connaissaient pas Edmond Jabès, et qui, comme moi, ont été séduits, charmés, émerveillés par ces quelques vers, voici les liens qui vous conduiront à lui:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Edmond_Jab%C3%A8s

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/jabes/jabesedmond.html

 

Bonne soirée à Tous et à bientôt.

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 12:00

 

La douleur du Monde et son chaos sont parfois si difficiles à supporter que je me réfugie dans la poésie, c'est peut-être un peu lâche pour certains; je pourrais m'engager et me battre pour lutter contre tout celà. Minuscule et fragile, je préfère   me laisser emporter par les mots de ces hommes et femmes bien plus sensibles encore à toutes les douleurs qu'ils retranscrivent et expriment  si justement....et je me retrouve en eux.

Suis ta destinée

Suis ta destinée,
Arrose les plantes,
Aime les roses.
Le reste est l’ombre
D’arbres étrangers.

La réalité
Est toujours plus ou moins
Que ce que nous voulons.
Nous seuls sommes toujours
Égaux à nous-mêmes.

Vivre seul est doux,
Vivre simplement,
Toujours, est noble et grand,
Sur les autels, en ex-voto
Pour les dieux, laisse la douleur.

Regarde la vie de loin.
Ne l’interroge jamais.
Elle ne peut rien
Te dire. La réponse
Est au-delà des dieux.

Mais sereinement
Imite l’Olympe
Au fond de ton coeur.
Les dieux sont dieux
Parce qu’ils ne se pensent pas.

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 16:54

Chaque mercredi, quand je rentre à la maison, je me précipite sur le Telerama de la semaine pour découvrir quel poète fera l'objet de ce petit encart bleu, dans la rubrique "Livres" de ce magazine. Il arrive parfois que l'actualité littéraire en empêche la publication et cela me rend toujours triste...

Depuis septembre, en effet, Telerama choisit de publier des extraits de recueils de poésie édités ou réédités dans la semaine.Souvent séduite par les vers que je découvre, je me trouve parfois déroutée aussi par des vers que je ne comprends pas et qui ne m'émeuvent pas. mais chaque fois je les lis et les relis pour m'en imprégner.

Cette semaine, j'ai découvert Adomis, poète syrien né en 1930. Le petit texte publié est extrait de "Zocalo", recueil publié au Mercure de France. Sobre, court et imagé, il correspond à ma sensibilité et m'a emportée loin sur la mer...

Le voici, pour vous ce soir.


   Une mouette dort sur le dos d'une mouette

   Une vague pend  au cou d'une vague -berceau

pour ceux

     affublés du saroual de la mer.

   Calmez-vous, calmez-vous, papillons du sens.

   Les images immprovisent les ailes et l'espace

improvise l'encre.

   C'est ainsi que je mets les choses entre

parenthèses et que je

     fends mon chemin entre ses signes.

   J'ai scellé des chevaux que je n'ai pas touchés et

touché des

     astres que je n'ai pas vus.

   Les montagnes marchaient autour de moi,

nuages serré dans

     leurs mains. 

 

Si comme moi, vous ne connaissiez pas ce poète, voici le lien wikipedia

http://fr.wikipedia.org/wiki/Adonis_%28po%C3%A8te%29

ainsi qu'un article publié sur le site de France 24

http://www.france24.com/fr/20130220-syrie-regime-baas-assad-poesie-adonis-opposition-revolution

 

Très bonne soirée à Tous.

A bientôt.


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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 10:02

Je sais c'est dimanche...et ce n'est pas encore le soir; pourtant je vous offre ce poème qui me trotte dans la tête depuis quelques semaines...Il est triste, certes, mais il fait partie de mes préférés de Baudelaire. Prenez soin de Vous et bon dimanche à Tous.

Recueillement

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 12:43

J'ai découvert ce poème d'Alphonse de Lamartine cette semaine, je l'ai trouvé merveilleusement triste. Le voici pour Vous.

Le vallon

Mon coeur, lassé de tout, même de l'espérance,
N'ira plus de ses voeux importuner le sort ;
Prêtez-moi seulement, vallon de mon enfance,
Un asile d'un jour pour attendre la mort.

Voici l'étroit sentier de l'obscure vallée :
Du flanc de ces coteaux pendent des bois épais,
Qui, courbant sur mon front leur ombre entremêlée,
Me couvrent tout entier de silence et de paix.

Là, deux ruisseaux cachés sous des ponts de verdure
Tracent en serpentant les contours du vallon ;
Ils mêlent un moment leur onde et leur murmure,
Et non loin de leur source ils se perdent sans nom.

La source de mes jours comme eux s'est écoulée ;
Elle a passé sans bruit, sans nom et sans retour :
Mais leur onde est limpide, et mon âme troublée
N'aura pas réfléchi les clartés d'un beau jour.

La fraîcheur de leurs lits, l'ombre qui les couronne,
M'enchaînent tout le jour sur les bords des ruisseaux,
Comme un enfant bercé par un chant monotone,
Mon âme s'assoupit au murmure des eaux.

Ah ! c'est là qu'entouré d'un rempart de verdure,
D'un horizon borné qui suffit à mes yeux,
J'aime à fixer mes pas, et, seul dans la nature,
A n'entendre que l'onde, à ne voir que les cieux.

J'ai trop vu, trop senti, trop aimé dans ma vie ;
Je viens chercher vivant le calme du Léthé.
Beaux lieux, soyez pour moi ces bords où l'on oublie :
L'oubli seul désormais est ma félicité.

Mon coeur est en repos, mon âme est en silence ;
Le bruit lointain du monde expire en arrivant,
Comme un son éloigné qu'affaiblit la distance,
A l'oreille incertaine apporté par le vent.

D'ici je vois la vie, à travers un nuage,
S'évanouir pour moi dans l'ombre du passé ;
L'amour seul est resté, comme une grande image
Survit seule au réveil dans un songe effacé.

Repose-toi, mon âme, en ce dernier asile,
Ainsi qu'un voyageur qui, le coeur plein d'espoir,
S'assied, avant d'entrer, aux portes de la ville,
Et respire un moment l'air embaumé du soir.

Comme lui, de nos pieds secouons la poussière ;
L'homme par ce chemin ne repasse jamais ;
Comme lui, respirons au bout de la carrière
Ce calme avant-coureur de l'éternelle paix.

Tes jours, sombres et courts comme les jours d'automne,
Déclinent comme l'ombre au penchant des coteaux ;
L'amitié te trahit, la pitié t'abandonne,
Et seule, tu descends le sentier des tombeaux.

Mais la nature est là qui t'invite et qui t'aime ;
Plonge-toi dans son sein qu'elle t'ouvre toujours
Quand tout change pour toi, la nature est la même,
Et le même soleil se lève sur tes jours.

De lumière et d'ombrage elle t'entoure encore :
Détache ton amour des faux biens que tu perds ;
Adore ici l'écho qu'adorait Pythagore,
Prête avec lui l'oreille aux célestes concerts.

Suis le jour dans le ciel, suis l'ombre sur la terre ;
Dans les plaines de l'air vole avec l'aquilon ;
Avec le doux rayon de l'astre du mystère
Glisse à travers les bois dans l'ombre du vallon.

Dieu, pour le concevoir, a fait l'intelligence :
Sous la nature enfin découvre son auteur !
Une voix à l'esprit parle dans son silence :
Qui n'a pas entendu cette voix dans son coeur ?

 

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 16:47

J'ai quelques émissions de Guillaume Gallienne en retard. Vous connaissez Guillaume Gallienne, ce comédien, lecteur merveilleux qui nous enchantent chaque samedi soir, enfin, moi, il m'enchante...

Je me suis installée devant ma Chère Table à Repasser, ce matin, aux aurores, un casque sur les oreilles, c'est très, comment dire...sexy et je suis partie dans le monde de Baudelaire, enchantée, triste et ravie à la fois de redécouvrir le Rêve parisien, l'Albatros et tant d'autres...Cependant celui que j'ai choisi de partager avec vous, de vous offrir est l'Invitation au Voyage. Première lecture de l'émission...je l'avais appris au lycée, il y a... longtemps... je me suis surprise à le murmurer en même temps que Guillaume Gallienne...Une infinie douceur m'a envahie, la journée commençait bien.

Le voici.

Je vous embrasse.

L'invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 23:00


 

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets

A celles qu'on connaît à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais 

A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui 

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main

A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulut rester inconnue
Et qui n'est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

A ces timides amoureuses
Qui restèrent silencieuses
Et portent encor votre deuil
A celles qui s'en sont allées
Loin de vous, tristes esseulées
Victimes d'un stupide orgueil.

Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux coeurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir

 

Avez-vous reconnu ce texte? Mais oui, vous savez!! Peut-être avez-vous fait comme moi, vous l'avez entendu des milliers de fois, je n'exagère pas!...sans jamais l'écouter...et puis à la lecture, vous vous dites, ce texte me dit quelque chose, où l'ai-je entendu? et pourquoi me semble-t-il familier, sans que je puisse bien en définir la raison....

Un indice? Un chanteur tellement connu, que peut-être aurez-vous honte de ne pas l'avoir identifié à la première lecture, l'a interprété à merveille. Une moustache, une voix reconnaissable entre toutes, avec un bel accent du sud...

J'aurais bien voulu vous mettre en ligne une vidéo, mais  ce matin, je n'y arrive pas.

Voici le lien, que j'espère vous parviendrez à ouvrir :

<iframe frameborder="0" width="480" height="360" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/x3gncl"></iframe><br /><a href="http://www.dailymotion.com/video/x3gncl_georges-brassens-les-passantes_news" target="_blank">Georges brassens les passantes</a> <i>par <a href="http://www.dailymotion.com/tunisien-

 

Très bon week end à tous!

 

 

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