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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 10:53
Un peu de douceur et de fraîcheur dans la grisaille de l'hiver...
Une allée du Luxembourg

Elle a passé, la jeune fille
Vive et preste comme un oiseau
À la main une fleur qui brille,
À la bouche un refrain nouveau.

C'est peut-être la seule au monde
Dont le coeur au mien répondrait,
Qui venant dans ma nuit profonde
D'un seul regard l'éclaircirait !

Mais non, - ma jeunesse est finie ...
Adieu, doux rayon qui m'as lui, -
Parfum, jeune fille, harmonie...
Le bonheur passait, - il a fui !


Gérard de Nerval

 

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 18:06
Recueillement


Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal 
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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 08:09

Hier, j'ai dit qu'il fallait relire les livres qu'on avait particulièrement aimés.Je n'ai pas parlé des poésies qui nous ont bouleversés, qui nous accompagnent chaque jour, qui sont là, blotties dans nos coeur et qui soudain surgissent et s'imposent à nous, pour des raisons inconnues. Celui-ci chante en moi depuis quelques temps, il est beau, triste, infiniment triste, mais curieusement il m'apaise...

 

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !

Paul Verlaine

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 08:16
Dans ma voiture, ce jeudi-là, perdue dans mes pensées, je n'écoutais la radio que d'une oreille...Et puis soudain ces quelques mots ..."Ecoutez, si on allume les étoiles, c'est donc à quelqu'un nécessaire..." et puis plus rien. Juste ces mots.
Je me les suis récité(s?) pendant tout le trajet, ne voulant surtout pas les oublier. Je comprenais enfin le monde des étoiles. Comment n'y avais-je pas pensé?! Bien sûr, c'était évident! Si on allume les étoiles, c'est donc à quelqu'un nécessaire...Sinon pourquoi brilleraient-elles depuis si longtemps?
Oh je pensais bien que c'était important, j'y voyais souvent mes chers disparus, une pour chacun...En les observant, je me sentais rassurée, heureuse, apaisée, elles étaient là et veillaient sur moi, dune certaine façon. Mais ces vers ont dit simplement ce que je ressentais profondément .
Peut-être y verrez-vous, vous aussi, cette évidence qui m'est apparue.
Je vous livre ainsi ce magnifique poème de Vladimir Maïakovski qui a mis fin à ces jours en se tirant une balle en plein coeur, incapable de continuer à vivre...

Ecoutez !

Si on allume  les étoiles
c'est  donc à quelqu'un  nécessaire,
c'est  que  quelqu'un désire qu'elles  soient,
c'est  que  quelqu'un nomme perle  ces crachats
et, déchirant
la  tempête au midi  des poussières
il se précipite  vers  dieu,craint  d'être  en retard,
pleure,baise  sa  main noueuse,
implore,
Il lui faut  absolument  une  étoile !
jure
qu'il  ne  supportera pas ce  martyre  sans  étoile  !
Et  après
marche  de long en large,
avec inquiétude,
calme,  pourtant, en  apparence.
Il  dit  à  quelqu'un :
"Alors, ça va maintenant ? 
T'as plus peur ?
Hein ? "
Ecoutez !
si on allume   
les étoiles
c'est que  c'est  à quelqu'un nécessaire,
c'est  qu'il  est indispensable
que  chaque  soir,par dessus   les  toits,
s"allume  au  moins une  étoile.  
1914
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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 06:59

Pendant la semaine, je parcours des recueils de poésie, et corne les pages de celles que je préfère...le vendredi matin, je les relis et vous livre Ma préférence. Aujourd'hui Pablo Neruda, encore, me direz-vous...oui, mais c'est si beau!


 La branche volée

 

Dans la nuit nous allons entrer
voler
une branche en fleur

Nous allons franchir le mur,
dans les ténébres du jardin de quelqu'un d'autre,
deux ombres dans l'ombre.

L'hiver n'est point parti encore
et l'on dirait que le pommier
brusquement s'est changé
en cascade d'étoiles parfumées.

Dans la nuit nous allons entrer
jusqu'à son tremblant firmament,
et tes petites mains avec les miennes
voleront les étoiles.

Alors, et en catimini,
chez nous
dans l'ombre et dans la nuit,
entrera avec tes pas
le pas silencieux du parfum
et avec des pieds constellés
le corps lumineux du printemps.

 

Pablo Neruda

 


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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 08:08

La forêt


Forêt silencieuse, aimable solitude,
Que j'aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J'éprouve un sentiment libre d'inquiétude !
Prestiges de mon coeur ! je crois voir s'exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j'entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m'appeler.
Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière
Ici, loin des humains !... Au bruit de ces ruisseaux,
Sur un tapis de fleurs, sur l'herbe printanière,
Qu'ignoré je sommeille à l'ombre des ormeaux !
Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles ;
Ces genêts, ornements d'un sauvage réduit,
Ce chèvrefeuille atteint d'un vent léger qui fuit,
Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.
Forêts, dans vos abris gardez mes voeux offerts !
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ?
D'autres vous rediront des amours étrangères ;
Moi de vos charmes seuls j'entretiens les déserts.

 

François -René de Chateaubriand

 

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 22:00

 

Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
 
Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
 
Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
 
Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
 
Paul Verlaine
Poèmes saturniens
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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 22:00

Depuis quelques jours, l'idée fait son chemin...j'aime la Poésie je vous l'ai déjà dit;  j'ai donc décidé d'ouvrir une rubrique Jardin de Poésie et de vous livrer, chaque vendredi une poésie qui m'a touchée. Pour commencer, ce poème de Pablo Neruda, parce qu'il m'a bouleversée et m'a fait redécouvrir la Poésie que j'avais un peu oubliée pendant toutes ces années. Je vous souhaite une excellente journée.

Il meurt lentement

celui qui ne voyage pas,

celui qui ne lit pas,

celui qui n'écoute pas de musique,

celui qui ne sait pas trouver

grâce à ses yeux.

Il meurt lentement

celui qui détruit son amour-propre,

celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement

celui qui devient esclave de l'habitude

refaisant tous les jours les mêmes chemins,

celui qui ne change jamais de repère,

Ne se risque jamais à changer la couleur

de ses vêtements

Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement

celui qui évite la passion

et son tourbillon d'émotions

celles qui redonnent la lumière dans les yeux

et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement

celui qui ne change pas de cap

lorsqu'il est malheureux

au travail ou en amour,

celui qui ne prend pas de risques

pour réaliser ses rêves,

celui qui, pas une seule fois dans sa vie,

n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!

Risque-toi aujourd'hui!

Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement!

Ne te prive pas d'être heureux!

 


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